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Mon été 2008 avec un livre électronique

Ci-dessous, 5 billet publiés durant l’été 2008 sur le Blog livres échanges. A cette occasion, je crée le mot clé Livre numérique

1er épisode (15/07/2008)

Je viens de recevoir un Cybook Gen 3 chargé avec 25 premiers romans à paraître lors de la prochaine rentrée littéraire. C’est comme un cadeau tombé du ciel au moment opportun. Vous comprendrez en lisant ce billet.

La société Titelive, prestataire pour les librairies, cherche à organiser en amont des solutions pour ses clients dans le cadre de la dématérialisation du livre. Elle a eu l’heureuse initiative de proposer une tablette chargée avec des romans de la prochaine rentrée littéraire à une centaine de libraires. Ainsi, nous pouvons nous approprier ce lecteur numérique dans un cadre que nous connaissons : lire les livres de la rentrée afin de conseiller au mieux les lecteurs.

Cette opération ne devait concerner que les libraires ayant pignon sur rue et un fonds digne de ce nom. Alors que je ne remplis aucunement ces deux conditions, j’ai eu la chance qu’elle soit élargie à une sélection de e-libraires. Merci à Titelive et à Stéphane Michalon qui pilotent cette expérience.

La remise de ce lecteur a eu lieu à la librairie du Divan dans le 15ème à Paris lors d’une soirée ouverte non seulement aux professionnels mais aussi aux lecteurs. Je ne suis pas en mesure de vous écrire un compte rendu exact tant les questions ont fusé. Dans le désordre : droits d’auteur, protection des fichiers, formats, avenir du libraire dans le cadre de la dématérialisation du livre, nouveaux concurrents possibles, catalogue existant, réticence des éditeurs, bibliothèque de demain, avis des lecteurs. Philippe Touron, directeur du Divan, n’a cessé de rappeler que toutes les réponses à ces questions anxiogènes figurent dans ce rapport.

Bibliothécaire, libraire, lecteur de passage, vous vous rappelez sans doute des annonces fracassantes de la fin des des années 90. Le livre électronique version 1 allait enterrer le ringard papier. Nous savons ce qu’il en est advenu. Aujourd’hui, personne n’ose un pronostic. Juste, tout le monde est d’accord pour dire que cette deuxième version du livre électronique débarque avec de nouveaux atouts :

- l’encre électronique est une technologie mature (voir cet article) ;
- une majorité de foyer est relayé à Internet haut débit ;
- l’offre en contenu devient intéressante.

Je me souviens avoir décidé de quitter le monde des bibliothèques en octobre 2006 après avoir organisé une journée sur le livre numérique et la dématérialisation à la Bibliothèque départementale de l’Essonne avec Bruno Rives comme intervenant pour l’encre électronique

Les bibliothèques tardent à s’adapter à Internet. Les décideurs privilégient l’externalisation.

L’organisation administrative qui est pyramidale est inadaptée au réseau. Un cauchemar pour un bibliothécaire lambda que j’avais d’ailleurs illustré dans une vidéo publiée sur le net.

Bref, c’est le lendemain de cette journée, encore fiévreux, que je décrochais mon téléphone et appelais la chambre de commerce de Paris pour savoir si il restait des places dans le prochain stage de création d’entreprise. Je ne connaissais alors rien à la gestion d’entreprise, à la librairie, au commerce. Inconscient, j’ai certes rédigé un beau prévisionnel, mais j’étais dans l’incapacité de pronostiquer si je décrocherais assez de contrats de création de site internet pour tenir trois ans le temps de lancer la librairie Bibliosurf.com. Ce qui me motivait, c’est que je n’avais pas envie devenir un bibliothécaire frustré de la médiation sur Internet. Et je pensais qu’il y avait peut-être encore une place à prendre sur le net.

Voilà pour l’historique. Il me reste encore à vous dire qu’il y a quelques jours, mon éditrice jeunesse préférée me relançait pour lui créer un portail de téléchargement de ces romans sous forme numérique. J’ai contacté quelques personnes pour obtenir des conseils sur les formats et les protections sans rencontrer une aide déterminante. Aussi, quand Stéphane Michalon m’a appelé pour me proposer de participer à cette opération, il tombait à pic.

Même si je passe plus de dix heures devant un écran depuis dix ans, sachez que je ne suis pas du tout un technophile. Je n’ai même pas de téléphone portable. Je ne suis pas un pro du maniement des boutons. Et heureusement qu’il y eut mon amie le soir pour m’apprendre à me servir de ce lecteur.

Je vous le dis tout de suite. C’est très simple. Mais l’enjeu m’a alors bloqué. Et même si j’entamais très rapidement la lecture de Des néons sous la mer roman de Frédéric Ciriez à paraître chez Verticales, j’ai planté le lecteur au bout de deux heures à trop vouloir ajouter de signets... J’ai dû attendre le lendemain l’aide de Titelive pour relancer le lecteur. C’est donc une bille qui va vous raconter avec ses mots la découverte de cet outil qui fait tant fantasmer !

Sur ce blog, je vous propose en quelques billets de vous donner mes impressions de lecteur et aussi de relayer les réactions de mon entourage.

Elles sont très bonnes pour l’instant. Il y a un vrai confort de lecture. Je suis heureux de partir en vacances avec 25 romans en poche. Et ce nouveau machin n’a pas l’air trop prise de tête. Ce n’est pas plus compliqué que tourner des pages.

2ème épisode (17/07/2008)

On m’a dit : Bernard, teste et dis-nous ! Aussi, je teste et je vous dis... avec mes mots et dans la limite de mes capacités de compréhension. C’est à dire terre à terre et sans prospective aucune.

Je lis allongé – écroulé - dans mon lit. Et telle une crêpe, je me retourne toutes les cinq minutes. J’ai donc lu dans toutes les positions. Le premier soir, ma compagne m’a gentiment chambré. "C’est bien plus facile de lire un vrai livre. Ton gadget demande à être rechargé, et quand il tombera en panne..." Depuis, quelques jours, elle a changé d’avis : son gros livre lui pèse et n’aide pas sa tendinite. Si le Booken est plus lourd qu’un poche, il est plus léger qu’un roman grand format de 500 pages. Au niveau du confort de lecture, l’écran est certes encore de petite dimension, celle d’un poche, avec néanmoins un avantage sur celui-ci, la possibilité d’agrandir la taille du texte. Toutefois, à quand la page A4, la couleur et la feuille flexible ? Mais le grand atout de ce lecteur, c’est l’encre électronique, cette feuille magique qui s’encre... et ensuite n’a plus besoin d’électricité pour rester encrée. Il n’y a donc aucun rétroéclairage pénalisant. On peut lire ce support aussi bien dans une chambre peu éclairée que sur la plage en plein soleil.

Ce lecteur est ultra simple avec un bouton central qui permet d’afficher un menu et de tourner les pages. C’est même un peu trop simple. Certes, j’avoue : marquer une page est très facile et j’apprécie d’autant plus que je suis un lecteur qui n’a jamais utilisé de marque-page. Je cherche désespérément ma page à chaque reprise de lecture ! Je regrette toutefois qu’il n’y ait pas de numérotation des pages dans cette version. Le visuel qui donne un pourcentage de lecture n’est pas encourageant et ne permet pas de répondre aux grandes questions : dois-je abandonner ou m’accrocherai-je encore un peu à cette lecture ?

Alors que je n’ai lu que trois romans sur ce lecteur, je l’ai déjà adopté pour la suite. Et je suis heureux de partir en vacances avec 25 romans + 15 à venir pour un poids et un encombrement minimum. Mon sac de voyage sera plus léger. Par contre, ces romans ne prendrons jamais la direction de ma bibliothèque sauf si j’achète ensuite la forme papier.

Si ce lecteur est plus performant sur certains aspects que le livre papier, il se pose toutefois la question de la conservation des oeuvres numérisées et de la possibilité de les prêter. Les multiples formats, les droits gérés par des DRM rendent le livre numérique moins attractif que le livre papier encore un certain temps. Par ailleurs, le lecteur n’est pas fou : il voudra acheter le livre numérique à un prix moindre que le livre papier car il sait que les coûts de distribution seront moindres. Alors à quand un livre de la rentrée littéraire à moins de dix euros pour sa version numérique ?

3ème épisode (22/07/2008)

L’encre électronique, c’est comme une ardoise magique, c’est assez fascinant. Sur la fiche de wikipédia, on peut lire : "Le composant primaire est une micro capsule qui contient des particules blanches chargées positivement et des particules noires chargées négativement. Lorsque l’on applique un champ électrique négatif, les particules blanches se placent sur une extrémité de la capsule et les noires sur l’autre." Ce n’est donc pas usurpé de parler d’évolution du papier !

On attend à présent de nouveaux Aldo Manuzio qui expérimentent les possibles de cette nouvelle technologie, et surtout, dépassent l’opposition droit d’accès au savoir/droit d’auteurs. Dans une récente interview à l’occasion de la sortie de son roman sur Aldo Manuzio, j’ai posé la question à Bruno Rives, médiateur reconnu du support. "Mon avis oscille entre Nicholas Negroponte et Alan Kay, mais ils ne sont pas éditeurs. On pourrait soumettre la question aux internautes."

En tant que libraire, j’ai une première idée bancale à proposer. Le lecteur pourrait être donné contre un abonnement à un catalogue lisible sur ce seul lecteur. Le lecteur aurait donc accès à la totalité d’une bibliothèque mise à jour au fur et à mesure des sorties. Ce serait donc un avantage certain pour lui. Et si un roman lui plait, et qu’il veuille le partager, il prêterait son lecteur, voire achèterait la version papier pour la conserver dans sa bibliothèque. Mais n’est-ce pas encore une solution trop bridée ? Et le libraire lambda a-t-il encore sa place dans cet environnement ? Peut-être en personnalisant l’appareil critique qui serait joint au lecteur voire en créant des forums qui accompagneraient la lecture. (- Bernard, arrête ton délire. On en a déjà assez du j’aime et/ou j’aime pas ! Tu ne vas pas nous polluer la lecture avec des commentaires des lecteurs associés à des éléments distincts du texte.)

Par exemple, durant ma lecture Des Néons sous la mer de Frédéric Ciriez (à paraître à la rentrée chez Verticales), j’aurais bien avoir aimé avoir en direct les avis des lectrices durant les passages de ce faux documentaire jubilatoire consacré aux clients hommes de ce bordel. Idem pour La meilleure part des hommes de Tristan Garcia (chez Gallimard à la rentrée) qui raconte la vie de la communauté homosexuelle dans les années 80. Willie m’a tapé sur le caillou et je n’ai jamais compris l’attachement de la narratrice à ce personnage !

Quand, je lis un polar. Je suis souvent d’autant plus pris que l’auteur écrit qu’il raconte une histoire énorme. Malheur à la mauvaise chute... Dans le dernier Nesbo, je n’ai pas cru un instant possible que le cadavre de l’inspecteur corrompu de Bergen reste plus de dix ans dans un congélateur d’une baraque abandonnée ! On pourrait en discuter. Mais, si vous êtes un peu plus intello que moi, on peut imaginer que ce forum soit activé pour des étudiants, une classe qui travaille sur un texte particulier... Allez, je vous laisse à toutes ces questions et attends vos commentaires. ;-)

4ème épisode (25/07/2008)

La société Titelive, prestataire pour les librairies, a proposé à une centaine de libraires de tester un livre électronique (le CyBook Gen 3 de Bookeen) pendant l’été. Entretien avec Stéphane Michalon, responsable chez Titelive.

BS : Vous avez été longtemps libraire, donc sans doute amoureux du livre papier. D’où vient cet intérêt pour le livre numérique ? Stéphane Michalon : Je ne veux pas faire de différence entre un livre papier et un livre numérique. Dans les deux cas je suis face au travail d’un éditeur qui a structuré le texte d’un auteur. J’ai été libraire cinq ans au Virgin des Champs Elysées puis dix ans à L’Arbre à Lettres. D’une certaine façon, je ne savais pas lire avant d’apprendre ce métier dans les sous-sols du Megastore et je savais encore moins ce qu’était un livre. J’ai d’abord appris ce métier physiquement. Pointer des catalogues, transporter des cartons, pousser des bacs, ranger des livres... cCétait déjà un premier niveau de mise en scène de ces textes-livres. La librairie c’est d’abord physique. A lLArbre à Lettres j’ai appris à incarner le rôle de médiateur dans cette mise en scène d’une offre de livres, j’étais libraire et je devenais le libraire.

Avec le numérique, sans papier, on est libraire tout nu. Pourtant les textes-livres édités sont toujours là. Mon intérêt pour le numérique est celui de quelqu’un qui veut prendre à bras le corps les enjeux d’une médiation sans stocks. A mon avis le métier de libraire a toujours du sens même avec l’édition numérique : mettre en scène à un moment donné et dans un lieu créé une offre intelligente. L’arrivée de nouveaux supports ne fait que complexifier la médiation. En même temps elle offre de nouvelles possibilités. Je crois qu’il y aura toujours des auteurs qui voudront confier l’édition de leur travail à des éditeurs et des éditeurs qui voudront confier la commercialisation de leurs livres, quels que soient les supports, à des libraires.

BS : La société Tite-Live fournit gratuitement à une sélection de libraires un lecteur numérique chargé d’une quarantaine de premiers romans de la rentrée littéraire. Pourquoi cette opération fort onéreuse ? SM : Les premiers clients de la société Tite-Live sont des libraires. Tite-Live investit dans la création d’une nouvelle structure ePagine. Cette opération est un investissement pour faire prendre conscience aux différents métiers de la chaîne du livre et aux libraires en particulier que la commercialisation des livres sur ces nouveaux supports ne se fera pas sans eux pourvu qu’on s’en donne les moyens et qu’on en ait la volonté. BS : Vous souhaitez que le libraire reste le premier vendeur du livre numérique. Comment vous comptez procéder ? SM : Aujourd’hui le libraire n’est pas le premier vendeur du livre numérique ; difficile donc d’employer le mot "rester" de votre question. Le livre numérique et le cadre de sa commercialisation restent à construire, même si des modèles s’ébauchent (ex : Kindle d’Amazon). Si je souhaite quelque chose c’est que l’on puisse rester libraire. Je suis comme beaucoup : quand un métier vous a construit personnellement, vous a donné une place dans la société c’est un peu difficile d’y renoncer. Dans le cas particulier c’est d’autant plus difficile quand on a, en plus, le sentiment que c’est tout une civilisation qui s’est construite autour de l’objet livre. Les livres que nous avons rencontrés personnellement ayant eux-mêmes participé à cette construction de soi qui a fait de nous ce que nous sommes.

Pour que les libraires continuent à créer des librairies qui satisferont leurs clients, je compte procéder ainsi : monter avec tous les acteurs possibles une structure de distribution du livre numérique qui s’appuie sur les réseaux existants déjà et fournir à ces réseaux _et en premier aux réseaux de libraires_ les moyens d’évoluer pour pouvoir intégrer le commerce des nouveaux formats et supports de lecture.

BS : Quand je montre le Bookeen autour de moi, je ne rencontre que des avis enthousiastes. Quand j’en parle sur internet, je suis face à un mur de reproches. Je ne comprends pas... SM : Je ne sais pas. Voulez-vous dire que les réactions sont différentes autour de vous selon que vous le montrez ou que vous en parlez. C’est exactement pour cela que ePagine à voulu démarrer en créant des expérimentations réelles pour montrer plus que pour parler. Mais ces expérimentations viennent surtout en parallèle et en appui des temps de paroles et des productions de réflexions des libraires et des autres professionnels du livre.

La différence entre parler et montrer le Bookeen vient aussi de la découverte d’un support de lecture numérique dédié à la lecture. Tant qu’on ne fait que parler du livre numérique, on est souvent dans l’idée que le numérique est forcément un espace assez ouvert et multifonctionnel. Quand on prend le Bookeen en main, on fait l’expérience d’une approche du numérique sur un lecteur dédié, qui ne sert qu’à lire. Pour peut qu’on soit sur un texte intéressant on rentre en lecture. C’est cette expérience d’ entrée en lecture sur ce nouveau type de support qui change le regard qu’on porte sur toutes ces innovations récentes.

BS : Le lecteur numérique est un support qui offre de multiples avantages sur le papier. Par contre le livre numérique est sans doute dans sa forme actuelle moins attractif : format, DRM, droit de prêt... Comment voyez-vous l’avenir du livre numérique ? SM : Je ne suis pas devin, mais je crois que les éditeurs vont innover et que leurs innovations seront d’autant plus pertinentes que les libraires seront dans le coup pour créer les relais avec les lecteurs et pour aménager des passerelles entre les supports numériques à venir et les supports papiers existants déjà. Dans l’expérimentation à laquelle vous participez en tant que libraire, et plus précisément en tant que weblibraire indépendant, il y a une trentaine d’éditeurs et une petite centaine de libraires assez différents les uns des autres. Les éditeurs qui nous donnent la chance de lancer ce projet sont eux aussi assez différents les uns des autres : Actes Sud, Allia, Belfond, Buchet-Chastel, Chambon, Christian Bourgois, Denoël, Flammarion, Florent Massot, Folies d’encre, Galaade, Gallimard, Gallmeister, La Différence, Les Allusifs, L’Olivier, Mercure de France, Métailié, Michalon, Noir sur Blanc, Phébus, Plon, POL, Presses de la cité, Robert Laffont, Le Rocher, Le Serpent à Plumes, Le Seuil, La Table ronde et Verticales. En bref cet avenir je le vois collectif, sinon je ne le vois pas.

5ème et dernier épisode (04/09/2008)

Thomas : Bernard, je ne comprends pas que les libraires s’intéressent au livre électronique, c’est la mort du métier !

— Bernard : Faut-il interdire la diffusion de cet outil ? Ou essayer, expérimenter. La technologie de l’encre électronique n’est en rien néfaste à la diffusion du savoir. — Tu vas tuer le livre. Le livre, c’était encore la référence, l’ilot dans un monde dématérialisé, dénaturé et pollué ! Quid de la validation des textes dans un monde numérique ! — Tu n’utilises pas Internet, tu ne télécharges pas... ? — Justement, le téléchargement va détruire l’édition. Quel est l’intérêt des éditeurs dans cette affaire ?

Bigre. Je ne savais pas qu’en participant à cette expérimentation je rencontrerais un telle levée de boucliers. Bernard, tu es naïf, tu manques de recul. Ou pire, Bernard, tu vas tuer le livre !

Comme je l’ai dit dans mon premier billet. Je ne suis pas la pythie du livre électronique. J’ai préparé la rentrée littéraire en grande partie grâce à ce livre offert et j’ai même pris plaisir à lire sur cet écran. Le reste, la technique, l’encodage des fichiers, la distribution, le piratage, je le laisse à d’autres.

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