François Bon vient de mettre en place un système de recherche par thèmes sur Publie.net, la coopérative d’auteurs pour l’édition, la diffusion et la recherche en littérature contemporaine numérique qu’il anime. L’annonce sur Twitter déclencha les ah et oh d’admiration.
Je n’ai pas la popularité de François Bon sur le net. Je n’ai rien fait pour. J’utilise toutefois les mêmes outils que lui et je m’inscris dans une logique d’expérimentation parallèle à la sienne : têtu, je tisse ma toile !
Jaloux, j’ai profité de l’aubaine et j’ai fait ma pub sur mon compte twitter et ai écrit : Bibliosurf, c’est "23376 mots clés répartis dans 22 groupes de mots clés ce qui permet de scénariser le catalogue au mieux de la médiation." Et j’ai promis à @nathalyc d’expliquer la démarche dans un billet !
Me voilà donc marron. Car Bibliosurf, c’est bien 23376 mots clés pour 14464 articles mais qui se répartissent ainsi :
Groupe Auteurs : 8200 mots clés
Groupe ISBN : 14000 mots clés
...
Oui, je vous vois venir. Qu’est-ce que des groupes de mots clés ISBN et auteurs ? Attendez que je finisse... car il existe des mots clés genre, littérature, à la une, thèmes divers et variés, bibliographie et j’en passe. C’est le tout qui va permettre de construire des pages savantes.
Seuls les articles et les flux sont indexés. Les mots clés des forums sont ceux des articles sur lesquels ils ont été postés. Je les récupère en effectuant une jointure des tables article et forum.
Quand je décide de créer un dossier, je vais associer des documents publiés dans plusieurs rubriques grâce à un ou plusieurs mots clés, des documents donc produits par les éditeurs et Bibliosurf, des contributions des lecteurs, et des flux d’une quarantaine de sites sélectionnés. Je vais les agréger et les scénariser avec deux autres éléments clés : la géolocalisation et la datation. Comme Bibliosurf ne dispose pas d’informaticien et de graphiste, la mise en page manque de pebs et les internautes exploitent que 5% du potentiel ! Mais la base est là, structurée. Et je m’en fous que l’ISBN n’est défini que par un sous champ type text !
bizarre concept, la "popularité" – peut-être que sur le Net c’est comme en littérature, on progresse à l’ancienneté ? plus sérieusement, si la fréquentation de tiers livre est aussi disproportionnée à l’audience de mon travail personnel, et même la "niche" si évidemment restreinte de la littérature contemporaine, c’est parce que j’ai toujours veillé à en faire un lieu d’échange, de propagation de liens, et ce partage, que j’ai appris peu à peu de mes échanges web, des amitiés tissées, c’est aussi le plaisir que j’en retire...
et, tu le sais, ça ne se traduit pas en espèces sonnantes et trébuchantes à redistribuer à nos auteurs, même si c’est ça la vocation de publie.net
nous affrontons ensemble de disposer d’un outil fabuleux d’invention, recherche, même si ça passe par le bricolage, les bidouilles, le code, et que la logique de ce partage soit la gratuité, alors que nous y consacrons de notre côté une part non négligeable de notre activité artisanale
à part ça : si c’est bien moi qui ai propagé la nouvelle attendue, implémentation d’un nouveau moteur de recherche, triant avec un merveilleux algorithme les mots-clés, les auteurs, les thèmes, c’est le travail de l’immatériel-fr et sur publie.net toute l’équipe s’y est mise, et c’est Fred Griot, qui co-dirige avec moi, qui y a engouffré le plus d’heures
après, tellement d’autres questions : nous avons l’avantage sur toi de propager sur le Net des contenus uniquement numériques, qui nous éloignent de plus en plus de l’industrie du livre – non pas du goût de lire des livres, mais ne pas se reconnaître dans cette profusion marchande à cycle de vie de plus en plus bref, une des raisons vitales aussi, pour moi, de m’éloigner du simple canevas "auteur produisant annuellement son livre")
mais là encore, esprit web : marcher, réfléchir, agir ensemble, solidement ensemble
Voir en ligne : tiers livre
C’est vrai que l’idéal serait que je travaille directement sur le texte ! Quand je lis un roman, je ne peux empêcher d’imaginer tout ce que je pourrais greffer autour : géolocalisation de l’intrigue, photos, interview de l’auteur, mais aussi des lecteurs ; et autres croisements imaginaires...